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Peintures

 

LA PEINTURE DE SAINT-DENYS GARNEAU ...

Les œuvres de Saint-Denys Garneau réunies ici sont toutes des huiles sur toiles.  Elles sont toutes non titrées, non datées et non signées.  Par recoupement avec divers autres documents et des témoignages de l’artiste, on en déduit que la majorité d’entre elles auraient été exécutées entre 1931 et 1937.

Ce n’est que très récemment qu’on a pu prendre la mesure de l’ampleur de la production du peintre.  La plupart des œuvres sur toiles regroupées dans cette section du site Internet n’ont fait surface que dans le courant des années 90 alors que le neveu du peintre, Yves La Roque de Roquebrune,  prend la décision de rendre  public un ensemble de toiles conservées depuis cinquante ans dans le tiroir d’un meuble qui lui est légué par sa mère Pauline et dans lequel sa grand-mère, Hermine Garneau, les avais placées après le décès de son fils Saint-Denys. Même si le journal de Saint-Denys Garneau et ses lettres contiennent d’abondantes références à ses activités de peintre, Saint-Denys Garneau  n’a exposé ses œuvres sur toile que trois fois et seuls quelques tableaux, dispersés dans des collections privées, étaient connus avant 1993.  C’est à ce moment qu’est alors mis à jour un ensemble d’une trentaine d’œuvres, exposé d’abord dans le cadre des fêtes commémorant le 50e anniversaire de la mort de Saint-Denys Garneau, organisées par le Comité des amis de Saint-Denys Garneau de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier (anciennement « de-Fossambault ») et qui fait aussi l’objet d’un livre d’art, publié aux éditions Fides comprenant une nouvelle édition de Regards et jeux dans l’espace 1.   Il faudra attendre ensuite 2001 pour qu’un ensemble plus substantiel  d’œuvres de l’artiste, soit 56, puissent être réunies dans une exposition que le Musée d’art de Joliette lui consacrait 2.

Une œuvre peu connue

Les témoignages sur l’œuvre picturale de Saint-Denys-Garneau sont rares.  Aucun galeriste ne suivait cette production et ne peut témoigner de ce qu’il aurait pu voir, à tel moment, dans l’atelier ou au retour des excursions du peintre dans la nature.  Même un artiste dont il était proche et dont il avait commenté le travail comme Louis Muhlstock n’avait jamais vu ses tableaux avant 1993. 

Or, paradoxalement, pour un peintre qui s’est si peu soucié de reconnaissance publique, la critique a bien souligné jusqu’à présent que Saint-Denys vivait bien son état de peintre et que peindre, réfléchir à sa peinture et même la passer au crible de son jugement, le dynamisait et le rendait heureux : «  Son œuvre picturale est beaucoup plus lumineuse que ses écrits 3. »  « Saint-Denys Garneau est relativement heureux en peinture.  Il l’est nettement moins dans ses poèmes 4. »  Qui ne connaîtrait de Saint-Denys Garneau que ses lettres à ses amis ou son journal croirait se trouver en face d’un peintre bien davantage que d’un écrivain tellement son attention semble absorbée par ses activités de peintre. 

Afin d’explorer davantage l’œuvre peinte de Saint-Denys Garneau, nous avons regroupé ici la quasi-totalité des œuvres connues sur toile autour de diverses thématiques. Ces regroupements sont l’occasion d’examiner de plus près les enjeux que soulève sa production.

France Gascon

 

1 Saint-Denys Garneau, Regards et jeux dans l’espace, Montréal, Fides, 1993,  207 pages. Le volume contient une préface d’Anne Hébert (la cousine de Saint-Denys Garneau). 35 œuvres de l’artiste y sont reproduites.
2 France Gascon, L’univers de Saint- Denys Garneau, le peintre, le critique, Boréal/Musée d’art de Joliette, Montréal, Joliette, 2011, 109 pages. 56 œuvres de l’artiste figurent dans l’exposition qui contenait aussi des documents d’archives et des œuvres d’adolescence de l’artiste. 50  huiles sur toile sont reproduites dans le catalogue.

3 Giselle Huot, «  Hector de Saint-Denys Garneau ou le nom mal aimé », dans Hector de Saint-Denys Garneau, Œuvres en prose, Montréal, Fides, 1995, p. cvi.

4 François Hébert, « Le peintre Saint-Denys Garneau », Liberté, volume 40, numéro 4, août 1998, p. 15