Tu croyais tout tranquille

Tu croyais tout tranquille
Tout apaisé
Et tu pensais que cette mort était aisée

Mais non, tu sais bien que j’avais peur
Que je n’osais faire un mouvement
Ni rien entendre
Ni rien dire
De peur de m’éveiller complètement
Et je fermais les yeux obstinément
Comme un qui ne peut s’endormir
Je me bouchais les oreilles avec mon oreiller
Et je tremblais que le sommeil ne s’en aille

Que je sentais déjà se retirer
Comme une porte ouverte en hiver
Laisse aller la chaleur tendre
Et s’introduire dans la chambre
Le froid qui vous secoue de votre assoupissement
Vous fouette
Et vous rend conscient nettement comme l’acier

Gracieusement récité par monsieur Pierre Auger,
avec l'aimable collaboration de monsieur David Dorais.

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Poésies. Regards et jeux dans l’espace. Les Solitudes, Montréal, Fides, 1972, p. 81-83.