Te voilà verbe

Te voilà verbe en face de mon être
           un poème en face de moi
Par une projection par delà moi
           de mon arrière-conscience
Un fils tel qu’on ne l’avait pas attendu
Être méconnaissable, frère ennemi.
Et voilà le poème encore vide qui m’encercle
Dans l’avidité d’une terrible exigence de vie,
M’encercle d’une mortelle tentacule,
Chaque mot une bouche suçante, une ventouse
           qui s’applique à moi
Pour se gonfler de mon sang

Je nourrirai de moelle ces balancements.

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Poésies. Regards et jeux dans l’espace. Les Solitudes, Montréal, Fides, 1972, p. 120.