Quand la fatigue morne

Quand la fatigue morne éteint l’avidité
L’âpre curiosité et le désir énorme
Lorsque les yeux vidés comme un phare sans feu
Ne découvrent plus rien au long des flots obscurs
Envahis tout à coup de brumes ténébreuses

L’esprit tel un coursier qui s’abat vers le soir
Rompu, bavant, et ne sent plus de tout,
De la route effrénée et du jour traversé
Que l’halètement sonore et douloureux
De son coeur sourd, trébuche et tombe à la renverse

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Poésies. Regards et jeux dans l’espace. Les Solitudes, Montréal, Fides, 1972, p. 225.