Pins à contre-jour

Dans la lumière leur feuillage est comme l’eau
Des îles d’eau claire
Sur le noir de l’épinette ombrée à contre-jour

Ils ruissellent
Chaque aigrette et la touffe
Une île d’eau claire au bout de chaque branche

Chaque aiguille un reflet un fil d’eau vive

Chaque aigrette ruisselle comme une petite source
           qui bouillonne

Et s’écoule
On ne sait où.

Ils ruissellent comme j’ai vu ce printemps
Ruisseler les saules eux l’arbre entier
Pareillement argent tout reflet tout onde
Tout fuite d’eau passage
Comme du vent rendu visible
Et paraissant
Liquide
À travers quelque fenêtre magique.

Gracieusement récité par monsieur Pierre Auger,
avec l'aimable collaboration de monsieur David Dorais.

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Poésies. Regards et jeux dans l’espace. Les Solitudes, Montréal, Fides, 1972, p. 55.