On dirait que sa voix

On dirait que sa voix est fêlée
Déjà?
Il rejoint parfois l’éclat du rire
Mais quand il est fatigué
Le son n’emplit pas la forme
C’est comme une voix dans une chaudière
Cela s’arrête au milieu
Comme s’il ravalait le bout déjà dehors
Cela casse et ne s’étend pas dans l’air
Cela s’arrête
           et c’est comme si ça n’aurait pas dû commencer
C’est comme si rien n’était vrai

Moi qui croyais que tout est vrai à ce moment
Déjà?
Alors, qu’est-ce qui lui prend de vivre
Et pourquoi ne s’être pas en allé?

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Poésies. Regards et jeux dans l’espace. Les Solitudes, Montréal, Fides, 1972, p. 134.