Les enfants

Les enfants
Ah! les petits monstres

Ils vous ont sauté dessus
Comme ils grimpent après les trembles
Pour les fléchir
Et les faire pencher sur eux

Ils ont un piège
Avec une incroyable obstination

Ils ne vous ont pas laissés
Avant de vous avoir gagnés

Alors ils vous ont laissés
Les perfides
           vous ont abandonnés
Se sont enfuis en riant.

Il y en a qui sont restés
Quand les autres sont partis jouer
Ils sont restés assis gravement.

Il en est qui sont allés
Jusqu’au bout de la grande allée

Leur rire s’est suspendu

Pendant qu’ils se retournaient
Pour vous voir qui les regardiez

Un remords et un regret

Mais il n’était pas perdu
Il a repris sa fusée
Qu’on entend courir en l’air
Cependant qu’eux sont disparus
Quand l’allée a descendu.

Gracieusement récité par monsieur Pierre Auger,
avec l'aimable collaboration de monsieur David Dorais.

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Poésies. Regards et jeux dans l’espace. Les Solitudes, Montréal, Fides, 1972, p. 43-44.