Le dinosaure

Il était gigantesque
Et son nom je vous dis
Était presque
Aussi grand que lui.

Il s’appelait Dinosaurus
Et puis ce n’est pas tout
Il s’appelait aussi Brontosaurus
Et Amphibie. Qu’en pensez-vous ?

Et savez-vous comment
Il a de ce monde disparu
Et que depuis ce temps
On ne l’a pas revu ?

C’est ce que de vous dire
Il m’est venu l’idée,
Et j’espère qu’à me lire
Vous vous amuserez.

Il était bien méchant
Et vous pourrez vous-même
En juger, et peut-être plus méchant
Que je ne le trouve, vous le trouverez même.

Une fois, dans le jardin,
Ce méchant animal
Était entré, où le chien
Était à son travail.

Ce chien était le maître de la maison,
Et lui dit d’une manière bien polie :
« Monsieur, dont je ne connais pas le nom,
Vous n’avez pas d’affaire ici. »

Mais l’autre se mit à rire
Et l’assomma :
Et même il fit bien pire,
Il le mangea!

Lorsque du chien la femme
Et les enfants virent cela,
Ils prièrent Notre-Dame
De punir ce meurtrier-là.

Aussi leur prière
Fut exaucée, et l’Éternel
Le jeta dans la mer
Et le changea en sel.

Maintenant que j’ai satisfait
Votre curiosité,
Je vais vous dire ce qui arriverait
S’il n’avait cessé d’exister.

Sien ce monde
Il était aujourd’hui
Nous serions de ce monde
Tous à jamais partis

Car s’il avait
De vivre continué
Il nous aurait
Comme moucherons gobés!

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Recueil de poésies : inédit de 1928 — Présentation de Giselle Huot— , [Québec], Éditions Nota bene, p. 71.