La vieille roue du moulin

Vieille roue, cependant que tout est endormi
Et que l’aurore à peine a doré l’horizon,
À quoi donc songes-tu ? et quelle rêverie
Enivre ton vieux cœur ? Une ancienne chanson ?
Oui, je l’ai deviné! Celle que te chantait
L’eau claire te frôlant tout comme une caresse,
En te faisant tourner; ton essieu mugissait.
Cette eau limpide et pure, elle était ta Déesse :
Maintenant, des débris du vieux dalot brisé,
Elle tombe en cascade et loin de toi fredonne
Cette vieille chanson que tu as tant aimée;
Hélas! À tout jamais sa douceur t’abandonne!

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Recueil de poésies : inédit de 1928 — Présentation de Giselle Huot— , [Québec], Éditions Nota bene, p. 82.