La rivière Rawdon

Les eaux agitées de la petite rivière
Passent rapidement et lorsque sur les pierres
Elles se brisent, furieuses, elles blanchissent d’écume,
Couvrent comme de rosée les roches grises et brunes.
Elles roulent vivement le flot majestueux
De leur onde où se mire le bel azur des cieux.
Tout à cou, sous leurs pas, le sol se dérobe
Et la chute superbe comme une blanche robe
S’écroule avec fracas aux pieds du roc humide
Que le vent, l’eau et l’âge ont parsemé de rides,
Qui s’élève bien vieux mais fier cependant,
Semble braver les siècles comme un austère géant.
Sur cette énorme falaise de plus de cent dix pieds
Sont des arbres superbes çà et là disséminés.
Couverts de feuilles or, pourpre et vermillon
Que le vent fait tomber comme des papillons
Qui se posent sur les fleurs, toutes pleines de rosée
Et ornent le paysage de leurs teintes variées.

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Recueil de poésies : inédit de 1928 — Présentation de Giselle Huot— , [Québec], Éditions Nota bene, p. 80.