Identité

Identité
Toujours rompue.

Le pas étrange de notre coeur
Nous rejoint à travers la brume
On l’entend
           quel drôle de cadran.

Le noeud s’est mis à sentir
Les tours de corde dont il est fait.

II.

Une chambre avec meubles
Le cadran sur la console
Tout cela fait partie de la chambre
On regarde par la fenêtre
On vient s’asseoir à son bureau
On travaille
On se repose
Tout est tranquille.

Tout à coup: tic tac
L’horloge vient nous rejoindre par les oreilles
Vient nous tracasser par le chemin des oreilles
Il vient à petits coups
Tout casser la chambre en morceaux.

On lève les yeux; l’ombre a bougé la cheminée
L’ombre pousse la cheminée
Les meubles sont tout changés.

Et quand tout s’est mis à vivre tout seul
Chaque morceau étranger
S’est mis à contredire un autre.

Où est-ce qu’on reste
Qu’on demeure
Tout est en trous et en morceaux.

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Poésies. Regards et jeux dans l’espace. Les Solitudes, Montréal, Fides, 1972, p. 158-160.