Autre Icare

Cela tient du vent, cela tient au vent.
Cela n’est qu’un accroc que l’on fait au passage,
Un noeud que l’on fait au fil fugace du temps

Et nous sentons bien qu’à travers
            ce mince filet qu’on a fait,
Ces faibles appuis qu’on a pris
            sur le cours de notre en-allée
Et ces liens ingénieux tendus
à travers des espaces trop vides,

Il n’y a qu’un cri au fond qui persiste,
Il n’y a qu’un cri
            d’un lien persistant

Où les tiges des fruits sont déjà rompues,
Tes attaches des fleurs et pétales de fleurs
            sont déjà rongés
Où ces ailes de plumes de notre coeur de cire
            sont déjà détachées
Et plumes au vent, plumes flottant au vent
            par-dessus cette noyade
Sans port d’attache.

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Poésies. Regards et jeux dans l’espace. Les Solitudes, Montréal, Fides, 1972, p. 148.