Aimer

Ne pas pouvoir aimer, oh! c’est mourir, hélas!
Car on vit pour aimer et l’on aime pour vivre.
Que serait un sommeil qui ne connaîtrait pas
La douce volupté du rêve qui l’enivre ?
Un rien! oh! un néant! La vie est un sommeil
L’amour en est le rêve. Pour vivre il faut aimer!
Amour! ah! quel parfum d’une rose vermeille!
Amour! ah! petit mot qui veut tout dire! Aimer!
Amour! ah! quel bonheur et quelle volupté!
Amour! ah! toi sans qui il n’est nul vrai bonheur!
Amour! tu as causé tant de tristes douleurs!
Amour! toi qu’on recherche et que l’on craint de voir,
À cause de ta voix, où l’on sent un délire!
Pourtant tu es bien là et tu chantes le soir,
Ou bien, lorsque tout dort, dans la nuit, tu soupires!
Aimer! c’est héroïque et c’est une faiblesse!
Aimer! Ah! que c’est doux! Que c’est triste l’amour!
Amour qui sait charmer, Amour! oh! toi qui blesses!
Pourtant il faut aimer et j’aimerai toujours!

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Recueil de poésies : inédit de 1928 — Présentation de Giselle Huot— , [Québec], Éditions Nota bene, p. 71.