À part vingt-cinq fleurs

À part vingt-cinq fleurs qui ont brûlé pendant
                le jour le jardin est beau
À part vingt-cinq fleurs qui sont fanées
et nous partons faireune promenade parfaite comme s’il ne manquait rien

Mais nous sentons bien
Malgré la fraîcheur du soir qui se dévoile
et la parfaite légère cadence voulue de nos pas
En nous se glisser le poids des fleurs mortes
Se glisser en nous
Vingt-cinq fleurs tombées dans un coin du jardin
Qui font pencher en nous tout le jardin
Qui font chavirer en nous tout le jardin
Crouler tout le jardin.

Référence:

GARNEAU, Hector de Saint-Denys, Poésies. Regards et jeux dans l’espace. Les Solitudes, Montréal, Fides, 1972, p. 133.